Le Suffolk résout (1774)

Dans toute la Nouvelle-Angleterre, en 1774, les villes et les comtés ont publié des déclarations et des résolutions contre le Actes coercitifs et la politique britannique en général. L’une des expressions les plus fortes du sentiment révolutionnaire a été les résolutions du Suffolk, rédigées et adoptées par les habitants du comté de Suffolk, dans le Massachusetts, début septembre :

«Le pouvoir mais pas la justice, la vengeance mais pas la sagesse de la Grande-Bretagne, qui jadis persécutait, flagellait et exilait nos parents fugitifs de leurs côtes natales, nous poursuit maintenant, leurs enfants sans culpabilité, avec une sévérité implacable.

Sur le courage, sur la sagesse et sur les efforts de ce jour important, est suspendu le sort de ce nouveau monde et des millions à naître. Si un continent sans limites, grouillant de millions de personnes, se soumet docilement à vivre, bouger et [vivre sous] la volonté arbitraire d'un ministre licencieux, ils cèdent à l'esclavage volontaire ...

D'un autre côté, si nous arrêtons la main qui nous fouillerait les poches, si nous désarmions le parricide qui pointe le poignard sur nos seins, si nous vainquions noblement cet édit fatal qui proclame le pouvoir de nous édicter des lois dans tous les cas, entraînant ainsi les malédictions infinies et innombrables de l'esclavage sur nous, nos héritiers et leurs héritiers pour toujours…

Par quoi notre capitale est privée des moyens de la vie; de sorte que les rues de Boston sont encombrées de bourreaux militaires; grâce à quoi nos côtes sont alignées et nos ports encombrés de navires de guerre; de sorte que la charte de la colonie, cette barrière sacrée contre les empiétements de la tyrannie, est mutilée et, en réalité, annihilée; une loi meurtrière est conçue pour protéger les méchants des mains de la justice; en vertu duquel l'héritage inaliénable et inestimable, que nous avons tiré de la nature, la constitution de la Grande-Bretagne.

Par conséquent, nous avons résolu, et résolvons:

1. Que, alors que Sa Majesté, George III, est le successeur légitime du trône de Grande-Bretagne et a droit à l'allégeance du royaume britannique, et… nous, héritiers et successeurs des premiers planteurs de cette colonie, reconnaissons joyeusement que ledit George III est notre souverain légitime, et que ladite alliance est le mandat et la revendication sur lesquels sont fondés notre allégeance et notre soumission.

2. Qu'il s'agit d'un devoir indispensable que nous devons à Dieu, à notre pays, à nous-mêmes et à la postérité, par tous les moyens légaux et en notre pouvoir, de maintenir, défendre et préserver les droits et libertés civils et religieux pour lesquels beaucoup de nos pères se sont battus, saignés et morts, et de les transmettre entiers aux générations futures.

3. Que les actes tardifs du parlement britannique pour bloquer le port de Boston, pour modifier la forme de gouvernement établie dans cette colonie et pour écarter les violateurs les plus flagrants des lois de la province d'un procès, sont des infractions graves de ces droits auxquels nous avons à juste titre droit par les lois de la nature, la constitution britannique et la charte de la province…

9. Que les fortifications commencées et actuellement en cours sur Boston Neck sont à juste titre alarmantes pour ce comté et nous donnent des raisons de craindre une intention hostile contre cette ville.

10. Que l'acte tardif du Parlement pour établir la religion catholique romaine et les lois françaises dans ce vaste pays, maintenant appelé Canada, est extrêmement dangereux pour la religion protestante et pour les droits et libertés civiques de toute l'Amérique; et, par conséquent, en tant qu'hommes et chrétiens protestants, nous sommes obligés de prendre toutes les mesures appropriées pour notre sécurité ...

14. Jusqu'à ce que nos droits nous soient pleinement rétablis, nous allons, dans toute la mesure de nos moyens, et nous recommandons aux mêmes pays, empêcher tout commerce avec la Grande-Bretagne, l'Irlande et les Indes occidentales, et s'abstenir de toute consommation des marchandises et des produits manufacturés britanniques, et en particulier des Indes orientales, avec les ajouts, modifications et exceptions uniquement agréés par le [Congrès continental].

15. Que, dans nos circonstances actuelles, il nous incombe d'encourager les arts et les manufactures parmi nous, par tous les moyens en notre pouvoir, et qui soit et sont par la présente nommés un comité, pour examiner les meilleurs moyens de promouvoir de même et de faire rapport à cette convention dès que possible. »