Un loyaliste de New York appelle à la réconciliation (1775)

En février 1775, M. Isaac Wilkins de Westchester, un éminent Loyaliste, s'est levé à l'Assemblée de New York pour appeler à une réconciliation rapide avec la Grande-Bretagne :

« Monsieur le Président, le sujet actuellement à l'étude est, je crois, le plus important qui ait jamais été soumis à cette Chambre. Rien de moins que le bien-être, j'avais presque dit l'existence, de cette colonie, et peut-être de toute l'Amérique, dépend du résultat de nos délibérations actuelles…

Il n’y a, j’en suis persuadé, aucun individu dans cette Assemblée qui ne souhaite du bien à l’Amérique en général, et qui ne se soucie de la préservation de cette province en particulier. Pour ma part, je me sens plus préoccupé que je ne peux l'exprimer face aux sombres perspectives de nos affaires, et je sacrifierais plus, beaucoup plus que la plupart des hommes ne seraient prêts à le croire, si je pouvais par ce moyen sauver mon pays de la ruine et la destruction qui sont maintenant prêtes à l'accabler. La nécessité d'une réconciliation rapide entre nous et notre mère patrie doit être évidente pour quiconque n'est pas totalement dépourvu de sens et de sentiment ; de sorte qu’il ne peut y avoir de contestation maintenant, je présume, que sur les moyens d’y parvenir…

Lorsqu'on nous a demandé une taxe de trois penny sur le thé, nous avons péremptoirement refusé d'obtempérer. Au lieu de… montrer notre désapprobation de cette loi, en protestant de manière légale et constitutionnelle comme nous aurions dû le faire ; au lieu de… ne pas acheter ce produit alors que nous étions grevés de droits, nous sommes entrés dans la colère la plus indécente et avons adopté à la hâte toutes les mesures injustifiables qui pourraient irriter et provoquer le gouvernement. Nous détruisions ou renvoyions, de la manière la plus méprisante, tout le thé qui entrait dans nos ports. Nous avons insulté ses ministres et nié absolument son autorité.

La colonie de la baie du Massachusetts a été la première et la plus violente dans cette opposition, et le châtiment [a] suivi de près la transgression, qui… a allumé une telle flamme à travers tout le continent américain qu'elle menace une dévastation universelle. Les colonies, au lieu de chercher à l'éteindre, en augmentent la violence. Au lieu de s’efforcer de restaurer la paix et la bonne harmonie, si essentielles au bien-être des deux pays, [ils] utilisent tous les moyens possibles pour élargir la fracture et la rendre irréparable. Bon Dieu que nous soyons si dépourvus de bon sens ; que nous devrions être si aveugles à notre propre bonheur.

Quel avantage, au nom du Ciel, pouvons-nous nous offrir, en étant hostiles à la Grande-Bretagne ? Deviendrons-nous ainsi plus puissants, plus riches ou plus libres ? Au contraire, ne tirerons-nous pas tous les avantages souhaitables d'être en amitié et en amitié avec elle ? Ne tirerons-nous pas force, protection et stabilité de ce chêne autour duquel nous nous sommes si longtemps enlacés et à l’ombre duquel nous avons si longtemps prospéré en sécurité ?

Nous sommes une vigne vigoureuse et fertile, mais sans un support suffisant, nous traînerons seulement sur le sol et serons sujets aux blessures et à la destruction du pied de chaque passager. Mais si la Grande-Bretagne nous accorde sa protection ; si elle nous cultive avec tendresse et soin, nous lui donnerons une récolte riche et abondante, aussi nécessaire à son bien-être et à sa prospérité que son soutien l'est à notre existence. Dans cette relation mutuelle, nous sommes solidaires.

Efforçons-nous donc, comme des sages, d’établir entre nous une union durable et permanente ; efforçons-nous d'éliminer tous les obstacles à cette fin souhaitable ; et rejetons avec le plus grand dédain et horreur toute mesure qui peut tendre à accroître la différence entre nous et rendre cette union nécessaire impraticable. Efforçons-nous, dans la mesure de nos moyens, de mettre fin aux délibérations et aux résolutions illégales et désordonnées des comités, associations et congrès. Ils ont déjà conduit cette colonie au bord du précipice.