La lettre circulaire du Massachusetts (1768)

La lettre circulaire du Massachusetts a été rédigée par Samuel Adams et adopté par l'assemblée coloniale en février 1768. Il fut ensuite envoyé aux autres législatures coloniales pour examen. La lettre protestait contre l’imposition par le Parlement des droits Townshend, arguant qu’ils étaient inconstitutionnels et violaient les droits des colons américains. La circulation de cette lettre et d'autres documents similaires a accru les tensions entre Londres, ses gouverneurs royaux et les colonies, culminant avec la suspension des assemblées coloniales.

«La Chambre des représentants de cette province a pris sérieusement en considération les grandes difficultés qui doivent s’imposer à elles-mêmes et à leurs électeurs par l’application de plusieurs lois du Parlement, imposant des droits et des taxes aux colonies américaines.

Comme il s’agit d’un sujet qui intéresse profondément chaque colonie… votre maison est profondément impressionnée par son importance et par le fait que de telles mesures constitutionnelles seront prises comme il se doit. Il semble nécessaire de prendre toutes les précautions possibles pour que les représentants des diverses assemblées, sur un point si délicat, s'accordent les uns avec les autres. La Chambre espère donc que cette lettre sera franchement considérée sous aucun autre angle que comme exprimant une disposition à communiquer librement son esprit à une colonie sœur, sur une préoccupation commune, de la même manière qu'elle serait heureuse de recevoir les sentiments de votre ou toute autre chambre d'assemblée sur le continent.

La Chambre a humblement représenté au ministère ses propres sentiments: que la Haute Cour du Parlement de Sa Majesté est le pouvoir législatif suprême sur tout l'empire; que dans tous les États libres la constitution est fixe, et comme le législatif suprême tire son pouvoir et son autorité de la constitution… que la constitution établit et limite à la fois la souveraineté et l'allégeance, et, par conséquent, les sujets américains de Sa Majesté, qui se reconnaissent liés par les liens d'allégeance, ont un droit équitable à la pleine jouissance des règles fondamentales de la constitution britannique; que c'est un droit essentiel, inaltérable dans la nature, inscrit dans la constitution britannique, en tant que loi fondamentale, et toujours considéré comme sacré et irrévocable par les sujets du royaume, que ce qu'un homme a honnêtement acquis est absolument le sien, qu'il peut donner librement, mais ne peut lui être enlevé sans son consentement…

C'est d'ailleurs leur humble opinion, qu'ils expriment avec la plus grande déférence à la sagesse du Parlement, que les lois qui y sont faites, imposant des devoirs à la population de cette province, dans le seul et exprès but de percevoir des revenus, sont des infractions. de leurs droits naturels et constitutionnels; car ils ne sont pas représentés au Parlement britannique, les communes de sa Majesté en Grande-Bretagne…

Cette Chambre est en outre d'avis que leurs électeurs, compte tenu de leur situation locale, ne peuvent en aucun cas être représentés au Parlement ; et qu'il sera à jamais impraticable qu'ils y soient également représentés... étant séparés par un océan de mille lieues. Que les prédécesseurs royaux de Sa Majesté, pour cette raison, ont été gracieusement heureux de former ici une législature subordonnée, afin que leurs sujets puissent jouir du droit inaliénable d'une représentation…

En plus de ces mesures, la Chambre a écrit une lettre à son agent qu'il est chargé de déposer devant le ministère ; dans lequel ils prennent note des difficultés de la loi pour empêcher la mutinerie et la désertion, qui exige que le gouverneur et le conseil fournissent des articles énumérés pour les troupes en marche du roi, et que le peuple paie les dépenses ; et aussi, la commission des messieurs nommés commissaires des douanes, pour résider en Amérique, qui les autorise à faire autant de nominations qu'ils le jugent à propos, et à payer aux nommés la somme qu'ils veulent, dont ils ne sont pas responsables de la mauvaise conduite ; d'où il peut arriver que les officiers de la Couronne soient multipliés au point de devenir dangereux pour la liberté du peuple, en vertu d'une commission qui ne semble pas à cette Chambre tirer de tels avantages d'échanger autant de ont supposé.

Tels sont les sentiments et les travaux de cette Chambre ... ils ont trop de raisons de croire que les ennemis des colonies les ont représentés aux ministres de Sa Majesté et au Parlement, comme factieux, déloyaux et disposés à se rendre indépendants de la mère patrie… Cette Assemblée ne peut conclure sans exprimer sa ferme confiance au roi, notre chef et notre père communs, que les supplications unies et dévouées de ses sujets américains en détresse rencontreront son acceptation royale et favorable.