Résumé des griefs coloniaux du Delaware (1774)

Lors d'une assemblée municipale à Lewestown, Delaware, le 28 juillet 1774, Thomas McKean se leva pour résumer les griefs coloniaux contre la Grande-Bretagne. McKean était un avocat qui fut plus tard président du Congrès de la Confédération et juge en chef et gouverneur de l'État de Pennsylvanie.

« … Les [politiques et actions britanniques] suivantes apparaîtront, pour le moins, comme des usurpations anarchiques :

Premièrement, empêcher les colons de fabriquer leur propre fer, en érigeant des usines de refendage, etc.

Deuxièmement, restreindre le transport, et donc la fabrication, des chapeaux de nos propres peaux, etc.

Troisièmement, la terrible oppression qui consiste à empêcher les agriculteurs de transporter leur propre laine, même à travers un ferry, bien que les rivières, les eaux, les refuges, etc., nous soient donnés par nos Chartes.

Quatrièmement, changer les frontières des colonies et obliger les hommes à vivre selon des constitutions auxquelles ils n'ont jamais consenti, dans le cadre de la fusion de la baie du Massachusetts au New-Hampshire.

Cinquièmement, suspendre les pouvoirs législatifs de New York par une loi du Parlement, jusqu'à ce qu'ils aient cantonné les troupes envoyées pour lever un tribut illégal par exécution militaire.

Sixièmement, le mémorable et détestable Stamp Act.

Septièmement, la prétention parlementaire de faire des lois « nous contraignant dans tous les cas quels qu'ils soient », par conséquent, de réglementer notre police intérieure, de donner, de retirer, de changer et de violer nos constitutions et nos chartes, pour lesquelles nous avons la foi la plus solennelle du Parlement. Couronne et nation pour leur sécurité inviolable.

Huitièmement, ils prétendent nous imposer divers impôts, bien que l'auto-imposition soit la base de la liberté anglaise. À une distance de trois mille milles, le Parlement réclame arbitrairement les cordons de la bourse de chaque Américain… bien qu’ils ne soient pas inclus dans le même impôt et n’aient jamais été choisis pour nos représentants.

Neuvièmement, ils nous refusent le droit de donner notre propre argent à notre propre roi, sur sa demande légale ; un droit dont les Britanniques jouissent depuis les débuts de l'histoire, et pour lequel ils ont souvent dépensé beaucoup de sang et de trésors.

Dixièmement, ils imposent une taxe sur le papier, le verre, les couleurs pour peintres et le thé.

Onzièmement, et bien que cela ait été abrogé par la non-importation, la vertu américaine et l'influence de nos amis, une taxe sur le thé a été et est maintenue, comme l'insigne de notre esclavage.

Douzièmement, le vil stratagème, indigne des représentants d'une grande et libre nation, de tenter de nous asservir ; en feignant une faveur envers la Compagnie des Indes orientales, que les Américains ont courageusement rejetée et déconcertée.

Treizièmement, constatant que ce stratagème ne prévaudrait pas, ils ont jeté le masque et nous entraînent maintenant à abandonner nos droits par les derniers projets de loi, et à exercer leur vengeance injuste sur ceux qui ne peuvent pas se soumettre à leurs impositions.

Quatorzièmement, maintenir une armée permanente en temps de paix, au-dessus du contrôle des pouvoirs civils, à Boston, etc., à laquelle aucun Britannique ne peut se soumettre.

Quinzièmement, étendre la loi obsolète d’Henri VIII pour traîner les Américains en Grande-Bretagne pour y être jugés, contrairement à notre privilège de naissance des jurys de notre propre quartier…

Dix-septièmement, la récompense et l'avancement du capitaine Preston, pour la raison même qu'il a assassiné quelques jeunes hommes à Boston.

XVIII°, flottes et armées envoyées pour permettre aux commissaires des douanes, autorisés par le Parlement, en violation de toute liberté anglaise, de piller les maisons des hommes libres, les caves, les malles, les chambres à coucher, etc.

Vingtième, nous décourageant de manière ingrate et ajoutant l’insulte à l’injure ; cantonner sur nous des troupes insolentes pour provoquer les blessés auprès des foules ; et envoyer des hommes des pires caractères comme gouverneurs, juges et officiers dans certaines colonies ; refusant d’entendre toute plainte pour mauvaise administration…

Vingt et unièmement, un autre grief affligeant, c'est que le ministère britannique ne reçoit aucune information sur l'état des provinces, sauf de leurs ennemis mêmes, les gouverneurs, les juges et les officiers, tandis que les cris et les pétitions des colonies lésées et opprimées, même de ceux des colonies blessées et opprimées. les congrès et assemblées générales, ne seront pas favorisés par une audition, et par eux tenus à l'écart de l'oreille de notre Souverain…

Vingt-sixièmement, et enfin, pour nous montrer que la foi stipulée par la Couronne pendant le règne de Sa Majesté actuelle ne sert à rien du tout ; et pour nous convaincre que nous n'avons rien que nous puissions appeler nôtre, même les chartes et les constitutions elles-mêmes, un autre projet de loi a également été adopté… pour changer, enfreindre et détruire tout ce qui méritait leur attention dans la Charte solennelle de la baie du Massachusetts…

Vingt-septièmement, nous avons donc dans l'ensemble perdu peu à peu notre libre constitution, nos libertés et nos chartes anglaises, et nous sommes en réalité sous un gouvernement militaire, un État qui doit être déprécié par tous les hommes de bien ; de sorte que si nous disons un mot contre une taxe sur le thé, un projet de loi sur le port de Boston ou toute imposition arbitraire et tyrannique, nous pouvons nous attendre, comme Boston, à ce que nos domaines, notre commerce, nos actes, etc., nous soient enlevés et que nos dragons soient envoyés au pays. nous insulter. Et s’ils nous assassinent, ils ne sont pas responsables de nos lois…

Voilà en effet un catalogue épouvantable ! Et je n’en doute pas, dit-il, il y en a bien d’autres qui ont échappé à ma mémoire.