Daniel Dulany sur la fiscalité britannique (1765)

Daniel Dulany, avocat du Maryland qui est resté fidèle à la Grande-Bretagne par la suite, a écrit sur le thème de la fiscalité et de la représentation dans son essai 1765 Considérations sur la pertinence d'imposer des taxes:

«C'est un principe essentiel de la constitution anglaise, que le sujet ne doit pas être imposé sans son consentement… Mais il est allégué qu'il existe une représentation virtuelle ou implicite des colonies issues de la constitution du gouvernement britannique. Et il faut avouer de toutes parts que la représentation n'étant pas actuelle, elle est virtuelle ou n'existe pas du tout, car aucun troisième type de représentation ne peut être imaginé. Les colonies revendiquent le privilège, commun à tous les sujets britanniques, de n'être imposées qu'avec leur propre consentement, donné par leurs représentants, et tous les partisans du Stamp Act admettent cette revendication.

Que… l'imposition des droits de timbre soit un exercice correct de l'autorité constitutionnelle ou non, dépend de la seule question: si les biens communs de Grande-Bretagne sont virtuellement les représentants des biens communs d'Amérique ou non.

Les partisans du Stamp Act admettent expressément que les colonies ne choisissent pas les membres du Parlement, mais ils affirment que les colonies sont pratiquement représentées de la même manière auprès des non-électeurs résidant en Grande-Bretagne. Les colonies dépendent de la Grande-Bretagne, et l'autorité suprême confiée au roi, aux seigneurs et aux communes peut à juste titre être exercée pour assurer ou préserver leur dépendance, chaque fois que cela est nécessaire à cet effet. Cette autorité résulte et est impliquée dans l’idée de la relation existant entre l’Angleterre et ses colonies…

Mais, bien que le droit du supérieur d'utiliser les moyens appropriés pour préserver la subordination de son inférieur soit admis, il ne s'ensuit pas nécessairement qu'il a le droit de saisir les biens de son inférieur quand il lui plaît, ou de lui commander en tout. ; car dans les degrés de celui-ci, il peut très bien exister une dépendance et une infériorité, sans vassalité et esclavage absolus.

Par leurs constitutions de gouvernement, les colonies sont habilitées à imposer des impôts intérieurs. Ce pouvoir est compatible avec leur dépendance et a été expressément reconnu par les ministres britanniques et le parlement britannique à de nombreuses reprises; et il peut être exercé efficacement sans frapper ou mettre en cause, à quelque égard que ce soit, la surveillance du parlement britannique. Le droit d'imposer un impôt intérieur aux colonies sans leur consentement, dans le seul but de générer des revenus, est refusé; un droit de réglementer leur commerce sans leur consentement est admis. »