Déclaration de causes et de nécessités (1775)

En juillet 1775, le deuxième congrès continental a adopté un ensemble de résolutions appelées Déclaration des causes et nécessités de la prise des armes. Dans ce document, le Congrès expliquait les raisons de sa préparation et de sa mobilisation militaires, s'engageant à maintenir la guerre jusqu'à ce que le Parlement britannique supprime ses obligations envers les colonies américaines :

« Nos ancêtres, habitants de l'île de Grande-Bretagne, ont quitté leur terre natale pour chercher sur ces rivages une résidence de liberté civile et religieuse. Aux dépens de leur sang, au péril de leur fortune, sans le moindre coût pour le pays d'où ils s'étaient éloignés, par un travail incessant et un esprit invincible, ils s'établirent dans les étendues sauvages et inhospitalières de l'Amérique, alors remplies de nombreux et des nations guerrières de barbares. Les sociétés ou gouvernements, dotés de législatures parfaites, étaient formés en vertu de chartes de la couronne ; et des relations harmonieuses s'établirent entre les colonies et le royaume d'où elles tiraient leur origine.

Les bénéfices mutuels de cette union devinrent en peu de temps si extraordinaires qu'ils excitèrent l'étonnement. Il est universellement admis que l'augmentation étonnante de la richesse, de la force et de la navigation du royaume provenait de cette source; et le ministre… déclara publiquement que ces colonies permettaient à [la Grande-Bretagne] de triompher de ses ennemis [dans la guerre française et indienne].

Vers la conclusion de cette guerre, il a plu à notre souverain de faire un changement dans ses conseils [ministres]. À partir de ce moment fatal, les affaires de l'empire britannique ont commencé à sombrer dans la confusion, glissant progressivement du sommet de la prospérité glorieuse auquel elles avaient été avancées ...

Le Parlement a été influencé pour assumer un nouveau pouvoir sur [les colonies] ... Ils se sont engagés à donner et à accorder notre argent sans notre consentement ... des lois ont été adoptées pour étendre la compétence des tribunaux d'amirauté et de vice-amirauté au-delà de leurs anciennes limites ... pour suspendre la législature de l'une des colonies; pour interdire tout commerce au capital d'un autre; et pour avoir modifié fondamentalement la forme de gouvernement établie par la charte… pour exempter les «meurtriers» de colons d'un procès légal et, en fait, de la punition…

Bref, une partie de ces colonies ressentent désormais, et toutes sont sûres de ressentir… les calamités compliquées du feu, de l’épée et de la famine. Nous en sommes réduits à choisir entre une soumission inconditionnelle à la tyrannie de ministres irrités ou une résistance par la force. Ce dernier est notre choix. Nous avons calculé le coût de cette lutte, et nous n'avons rien trouvé d'aussi terrible que l'esclavage volontaire. L’honneur, la justice et l’humanité nous interdisent d’abandonner docilement cette liberté que nous avons reçue de nos vaillants ancêtres…

Notre cause est juste. Notre union est parfaite. Nos ressources internes sont grandes et, si nécessaire, une aide étrangère est sans aucun doute possible… Avec des cœurs fortifiés de ces réflexions animées, nous déclarons très solennellement, devant Dieu et le monde, qu’exerçant la plus grande énergie de ces pouvoirs que notre bienfaisant Créateur a gracieusement accordé nous, les armes que nos ennemis nous ont obligées à assumer, nous emploierons, au mépris de tout hasard, avec une fermeté et une persévérance inlassables pour la préservation de nos libertés; être avec un esprit résolu à mourir d'hommes libres plutôt qu'à vivre des esclaves ...

Nous n’avons pas formé d’armées ayant l’intention ambitieuse de se séparer de la Grande-Bretagne et d’établir des États indépendants. Nous ne combattons pas pour la gloire ou pour la conquête. Nous montrons à l'humanité le spectacle remarquable d'un peuple attaqué par des ennemis non provoqués, sans aucune imputation ni même soupçon d'offense…

Dans notre propre pays natal, pour la défense de la liberté qui est notre droit d'aînesse, et dont nous avons toujours joui jusqu'à la dernière violation de celui-ci - pour la protection de nos biens, acquis uniquement par l'industrie honnête de nos ancêtres et nous-mêmes, contre la violence en fait offert, nous avons pris les armes. Nous les déposerons lorsque les hostilités cesseront de la part des agresseurs et que tout danger de reprise sera écarté, et pas avant.