Rapport appelant à une plus grande implication des États-Unis au Vietnam (1961)

En novembre, 1961, secrétaire d’État des États-Unis, Dune biscotte et secrétaire à la défense Robert McNamara président remis John F. Kennedy un rapport appelant à une plus grande implication américaine au Vietnam:

1. Les intérêts nationaux des États-Unis au Sud-Vietnam.
La détérioration de la situation au Sud-Vietnam exige que l'on prenne en compte la nature et la portée des intérêts nationaux des États-Unis dans ce pays. La perte du Sud-Vietnam au profit du communisme impliquerait le transfert d'une nation de 20 millions d'habitants du monde libre vers le bloc communiste. La perte du Sud-Vietnam rendrait inutile toute autre discussion sur l'importance de l'Asie du Sud-Est pour le monde libre; nous aurions à faire face à la quasi-certitude que le reste de l'Asie du Sud-Est et de l'Indonésie passeraient à un accord complet avec le communisme, sinon une incorporation formelle avec le bloc communiste. Les États-Unis, en tant que membre de SEATO, ont des engagements à l'égard du Sud Viet-Nam au titre du Protocole au Traité SEATO…

3. Objectifs des États-Unis au Sud-Vietnam
Les États-Unis devraient s’engager à atteindre l'objectif clair d'empêcher la chute du Sud-Vietnam du communisme. Pour atteindre cet objectif, le moyen fondamental doit être de mettre le gouvernement du Sud-Vietnam en position de gagner sa propre guerre contre la guérilla. Nous devons insister pour que ce gouvernement lui-même prenne les mesures nécessaires à cette fin en échange d'une assistance à grande échelle des États-Unis dans les domaines militaire, économique et politique. Dans le même temps, nous devons reconnaître qu'il ne sera probablement pas possible pour le [Sud-Vietnam] de gagner cette guerre tant que le flot d'hommes et de fournitures en provenance du Nord-Vietnam se poursuivra sans contrôle et que les guérillas bénéficieront d'un refuge sûr sur le territoire voisin. Nous devrions être prêts à introduire des forces de combat américaines si cela s'avère nécessaire pour réussir. En fonction des circonstances, il peut également être nécessaire que les forces américaines attaquent la source de l'agression au Nord-Vietnam.

À la lumière de ce qui précède, le secrétaire d'État et le secrétaire à la Défense recommandent que:

1. Nous prenons maintenant la décision de nous engager à empêcher la chute du Vietnam du Sud au communisme et à reconnaître que, ce faisant, nous reconnaissons que l’introduction de forces américaines et autres de l’Opération SEATO pourrait s’avérer nécessaire pour atteindre cet objectif. (Cependant, s'il est nécessaire d'engager des forces extérieures pour atteindre l'objectif susmentionné, notre décision de mettre en place des forces américaines ne devrait pas être subordonnée à l'accord unanime de l'OTASE à cet égard.)

2. Le ministère de la Défense devrait être préparé avec des plans pour l'utilisation des forces des États-Unis au Sud-Vietnam dans un ou plusieurs des buts suivants:

une. Recours à un nombre important de forces américaines pour montrer la détermination des États-Unis à défendre le Vietnam et à renforcer le moral du Sud-Vietnam.

b. Recours à d'importantes forces américaines pour aider à réprimer l'insurrection vietnamienne sans s'engager dans des opérations détaillées de contre-guérilla mais comprenant des opérations pertinentes dans le Nord-Vietnam.

c. Utilisation des forces américaines pour faire face à la situation en cas d'intervention militaire communiste organisée.

3. Nous entreprenons immédiatement les actions suivantes pour soutenir le GVN…

ré. Fournir [au Sud-Vietnam] de petites embarcations, y compris les conseillers et le personnel d'exploitation en uniforme des États-Unis, qui pourraient être nécessaires pour des opérations rapides et efficaces de surveillance et de contrôle des eaux côtières et des voies navigables intérieures…

e. Fournir le personnel et le matériel nécessaires pour améliorer le système de renseignement militaro-politique, en commençant par la province et en s’élevant par le gouvernement et les forces armées, jusqu’à l’Organisation centrale de renseignement.

F. Fournir aux forces militaires américaines les nouveaux mandats, la réorganisation et le personnel supplémentaire nécessaires pour accroître la participation des États-Unis à la direction et au contrôle des opérations militaires [du Sud-Vietnam].